18/01/2007

La plume du maître (25ème)

 

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Le maître vint, s’assied difficilement devant la grande table,

Il saisit sa plume qu’il tailla brièvement,

Il prit une feuille blanche et sans hésiter se mit à écrire.

Enfants, enfants de la terre qu’avez-vous faits ?

Il était dit tu cultiveras la terre et useras de ses bienfaits,

A ton seul usage nutritionnel.

Mais qu’avez-vous donc fait à cette terre appauvrie,

Vous en avez abusés jusqu'à l’user !

Et aujourd’hui vous chercher comment demain vous alimenter !

Elle vous avait été confiée comme une mère nourricière !

Mais dans l’abomination de vos esprits possessifs,

Vous vous en êtes fait propriétaires,

Jusqu'à en oublier d’alimenter et d’abreuver des peuples entiers,

Que vous avez préférés opprimer afin de les faires taire !

Enfants vous avez tout chamboulé à votre manière,

Vous avez tronqués les saisons selon votre déraison.

Mes chers enfants, souvenez vous,

Il n’y à pas si longtemps que cela, les splendeurs des squares l’été,

Des parcs qui paraissaient enchantés tant de fleurs y poussaient,

Des jardins qui étaient parfumés de roses merveilleuses,

Que l’on ne pouvait s’empêcher d’humer ils étaient

Les jardins des amoureux, ou dans les guinguettes se jouait,

Des airs joyeux.

Ou sont-ils ? Qu’en avez-vous fait remplacés par vos parkings,

Et vos trop grands immeubles préfabriqués !

Rappelez-vous l’hiver ou les luges descendaient les sentiers glacés,

Emmenant sur elles petits et grands qui riaient joyeux.

Les fêtes que l’on passait en famille tous heureux,

Les calèches aux chevaux emplumés, comme couronnés,

Qui de leur grelots au petit trot annonçaient la joie,

De voir arriver chez soi la famille bras chargés de cadeaux et victuailles !

Mais aujourd’hui, plus personne ne peut inviter sa propre famille,

Sans faire partager les frais d’un repas maigrelet !

Vous avez voulus emplir vos poches d’argent, et vous ne pouvez,

Plus vivre décemment !

Votre pauvre mère la terre ne peut plus subvenir aux besoins,

De tous ses enfants ! Et lentement elle s’éplore,

Alors que vous continuer encore vos chasses aux trésors,

Or noir, argent, or jaune, diamants, et d’autres encore !

Les bolides ravageurs et assassins ont remplacés  les chevaux décorés,

Il n’y a plus ni square, ni  parcs, ni jardins, ni chants joyeux,

Qu’avez-vous faits mes enfants qu’avez-vous faits ?

Vous êtes responsables même si vous n’avez qu’observez.

De n’avoir rien dit, de n’avoir pas agit pour empêcher !

Et aujourd’hui la terre qui déjà s’est évanouie, se verra finir,

Par ces monstruosités de guerre,

Que vous appelez nucléaire !

Vous ne pouvez plus faire marche arrière, le processus est déjà déclenché !

Le maître est prostré de tant de beautés connues,

Par sa seule vanité, et son orgueil mal placé, l’homme à tué la paix,

L’homme finit son sal boulot achevant d’éventrer la terre,

La tuant définitivement.

Le maître épuisé n’a plus de conseils à donner,

S’ils avaient seulement écoutés au moment ou

Tout pouvait encore changer.

Le maître larmoyant repris sa feuille,

Il se relu, acquiesça, signa, et déposant sa plume,

Auprès de l’’encrier, se leva, et s’en alla.

Marie Christal

©®

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